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Zed

Zed fait partie des mangas arrivés en France avant que ceux-ci n'aient le succès que l'on connaît. Comme souvent à l'époque, il est édité par Glénat qui n'importe alors que des « valeurs sûres ». Ici, l'indice de fiabilité est à la hausse du fait d'un nom sur la couverture : Otomo Katsuhiro. Autant le dessinateur (Tai Okada) est inconnu au bataillon, autant Otomo est une star en France, pour laquelle manga se résume alors un peu trop au Club Dorothée. Avec Akira, Glénat avait fait découvrir aux français un autre manga, pour adulte celui là. C'est donc logiquement qu'ils ont édité la nouvelle série de Otomo : Zed.

Zed
Zed
Dans un futur très proche, au Japon, le problème des personnes agées est devenu plus que préoccupant. Il est presque impossible de s'occuper d'elles, sans compter le coût que cela représente en personnel. Jeune étudiante en deuxième année d'école d'infirmière, Haruko se voit enlever la personne âgée dont elle s'occupe par le ministère de la santé. Elle le découvre un peu plus tard dans ce que le gouvernement présente comme une révolution : z 001, le lit a tout faire. Cette machine équipée d'un « ordinateur de sixième génération » prend en charge tous les besoins des malades et les soigne mieux que ne le feraient des médecins. Pourtant, Haruko s'élève contre cette machine sans âme et tente de libérer « papy ». Malheureusement, la machine se révele être bien plus qu'une aide aux personnes agées. Elle dispose d'une conscience, peut modifier sa forme... Et que cache la société qui a fourni l'ordinateur ?

Sur un sujet particulièrement vivant (la réforme des retraites au Japon à été faite il y a peu de temps), Otomo vient greffer un thème récurrent : les machines et l'usage dont on en fait.

Malheureusement, il n'y a pas dans Zed la maestria d'un Akira ou les idées novatrices d'un Domû. Zed a pour vocation d'être divertissant, drôle avec un peu d'action. Bien sur, on sent que l'auteur tente d'attirer l'attention sur tel ou tel sujet, mais le format (un one-shot) ne permet pas de développer.
De plus, le dessin est assez quelconque : on a l'impression d'être dans un shônen. Entre le SD et l'absence quasi permanente de nuances de gris, ce manga fait vraiment piètre figure. On trouve bien de ci de là quelques planches particulièrement travaillées, mais cela ne suffit pas à remonter le niveau.

Que reste-t-il alors pour ce manga ? Quelques bonnes idées, comme le fait d'avoir pour héros des petits vieux, de montrer qu'ils ne sont pas tous grabataires et que mêmes s'ils le sont, ils n'en sont pas pour autant débiles ou séniles ; quelques scènes qui font sourire (la fin est plutôt pas mal) et une histoire qui se déroule à cent à l'heure. Ce point peut aussi être un reproche : il y a presque trop d'évènements dans ce one-shot.

Et c'est d'ailleurs cette sensation de vitesse qui fait de Zed un manga assez difficile à digérer. Même en deuxième lecture on reste perdu, à suivre l'histoire bêtement, sans pouvoir réfléchir sur tel ou tel évènement. D'un autre coté, avec ce procédé, les auteurs nous traînent par le bout du nez d'un bout a l'autre de ce one-shot qui finalement atteint son but : divertir.

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