7/10

Le Zoom de la semaine : Nisekoi - De la romance dans un monde de brutes

Deuxième titre de Naoshi Komi (le premier, Double Arts, n'est pas sorti chez nous) et en provenance du Shônen Jump, Nisekoi est un titre débarqué chez Kazé manga en septembre qui nous promet un cocktail intéressant d'action, d'humour et de romance.

Lorsqu'il était enfant, Raku Ichijô a promis à celle qu'il aimait alors de conserver précieusement un cadenas dont elle seule possède la clef jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tous deux, une fois adultes, pour se marier. Dix années se sont écoulées, Raku, bien que fils d'un chef de clan yakuza, tente d'être un lycéen comme les autres. Son quotidien est bouleversé par sa rencontre avec Chitoge Kirisaki, une nouvelle élève très querelleuse, qui va rapidement devenir sa pire ennemie. La situation tourne au cauchemar quand Raku apprend qu'il s'agit en réalité de la fille d'une famille de gangsters et qu'il va devoir simuler de sortir avec elle... pour éviter une guerre des gangs ! Leurs familles vont-elles s'apercevoir qu'ils ne font que jouer la comédie ? Mais surtout, retrouvera-t-il son amour d'enfance ?

Komi Naoshi, roi des oppositions. 


C'est l'une des premières choses que l'on remarque lorsqu'on lit Nisekoi, il y de nombreuses oppositions un peu partout.

D'un côté, Raku, le héros faible et chétif, est un peu le lapin dans l'antre du lion vu les origines de sa famille (ce sont tous des yakuza hyper balèses). Aussi, en tant que garçon, il est fleur bleue, très peu axé sur la violence et cherche le dialogue plus qu'autre chose. Au lycée, tout le monde le craint à cause des types belliqueux qui l'accompagnent et qui ont fait comprendre aux autres élèves qui il était vraiment. 

De l'autre côté, on trouve Chitoge, pur produit d'un environnement où la violence reigne et où le sang coule à flots. En tant que fille, elle est super forte, pas vraiment romantique et va plutôt utiliser ses poings plutôt que son cerveau en cas de problèmes. Une fois au lycée, elle apparaît comme une jeune fille de bonne famille, qui prend soin d'elle et qui cherche à être mignonne. 

Il y a aussi un certain contraste dans les personnages secondaires où la jeune fille timide ne sait pas du tout cuisiner alors qu'elle apparaît comme la fille parfaite ou encore l'intello de service qui passe pour un pervers puissance 1000 à chaque fois qu'il ouvre la bouche. 

Hum... Tu t'es pris une mandale là, non ? 


L'auteur joue donc beaucoup sur toutes ces oppositions pour alimenter un humour basé principalement sur le comique de situation. On retrouve bien entendu les classiques du genre avec quiproquos et chute à des endroits stratégiques mais il faut avouer qu'il n'abuse pas et dissémine ces gags un peu partout dans ses chapitres. Par contre, il use (littéralement) cette pauvre Chitoge. Ellle est très souvent reléguée au sale boulot de mettre un bon coup de poing dans les dents de Raku suite à un malentendu, si bien qu'à la fin du deuxième tome, cette situation nous arrache difficilement un sourire. 

On voit aussi très souvent ses personnages détaler à toute vitesse pour des raisons qui peuvent rester obscures. Plutôt que d'affronter le "danger", ils préfèrent prendre la poudre d'escampette, ce qui permet à l'auteur de laisser de nombreuses questions en suspend. Résultat : le lecteur est assez frustré et se demande quand est-ce qu'il va enfin se passer quelque chose qui va faire avancer l'histoire (en général, ça arrive quand on s'y attend le moins, ce qui n'est pas plus mal). 

Triangle Shakespearien ? 


La base de l'histoire repose sur la promesse faite par Raku à cette inconnue lorsqu'il était enfant. Très rapidement, l'auteur nous fait comprendre de qui il s'agit (il nous montre qui a la clé du pendentif qui se trouve au cou du jeune homme) même s'il met son temps à réellement faire intéragir les deux adolescents.

La deuxième intrigue concerne la haine entre le clan (lisez "la famille") du père de Raku et celui du père de Chitoge (normalement, ça devrait vous rappeler une pièce de théâtre d'un auteur assez connu, non ?). Pour tenter de mettre un terme à la lutte meurtrière qui décime les deux clans et met en danger tous les citoyens de la ville, Raku se voit dans l'obligation de jouer le rôle du petit ami de Chitoge (toujours pas ?). Dans les deux familles, personne n'est dupe et les deux "bras droits" se doutent qu'il y a anguille sous roche. Le danger plane donc de façon permanente sur nos deux héros qui vont devoir faire attention à la moindre parole qu'ils s'échangent (ce n'est pas vraiment l'amour fou entre les deux adolescents) et se comporter comme un couple in love complètement gaga ! 

Pour Raku, le maître mot sera donc patience. Secrètement amoureux d'une de ses camarades de classe, il va devoir prendre sur lui et faire semblant de sortir avec Chitoge sous peine de se voir torturer par des mafieux qui n'ont aucune envie de plaisanter.

Le mot de la fin.

Grâce à des personnges en totale harmonie (les deux héros se complètent parfaitement) et un humour qui réussit généralement à faire mouche, Naoshi Komi nous propose un titre sympathique qui se lit très bien. Même s'il n'a pas le potentiel d'un super hit en puissance, Nisekoi est une série susceptible de plaire à un grand public de par son accessibilité et ses thèmes classiques mais efficaces. 

A découvrir

a effacer

Partager cet article

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques